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À Pont-l'Évêque, la Micro-Folie prépare une nouvelle ère au cœur du futur pôle d'animation numérique

Depuis son ouverture en 2022, la Micro-Folie de Pont-L'Évêque s'est progressivement imposée comme un lieu de découverte culturelle et d'expérimentation numérique. Bien plus qu'un simple musée numérique, elle s'appuie sur une programmation variée, des ateliers pédagogiques et un important travail de médiation pour rendre la culture accessible à tous. Une dynamique qui prendra une nouvelle ampleur avec son installation, prévue en 2027, dans le futur pôle d'animation numérique de la ville.

 

« La Micro-Folie est venue enrichir des activités qui existaient déjà sur notre territoire », résume Xavier Le Guévellou, responsable du pôle communication, culture, événementiel et numérique de la Ville de Pont-L'Évêque. Il supervise notamment l'Espace Public Numérique (EPN), créé en 2000, ainsi que la Micro-Folie, chacune des entités disposant de son propre responsable.

 

Un projet lancé en 2021

L'histoire de la Micro-Folie locale débute en 2021. À cette période, l'État mène une politique volontariste en faveur du développement du réseau des Micro-Folies. La préfecture du Calvados identifie alors Pont-L'Évêque comme un territoire susceptible d'accueillir ce dispositif.

« Les élus ont répondu positivement pour que l'on puisse implanter une Micro-Folie sur notre territoire », explique Xavier Le Guévellou.

Le projet aboutit rapidement et la structure ouvre ses portes en 2022. Faute de bâtiment dédié, elle est installée aux Dominicaines, Espace culturel et Artothèque de Pont-L'Évêque, qui accueille expositions temporaires, ateliers de médiation et visites. Ce choix répond avant tout à une contrainte pratique : « C'était le lieu qui était disponible à ce moment-là. » Mais cette implantation n'a jamais été pensée comme définitive.

 

Un futur lieu dédié à la culture et au numérique

Au moment même où la Micro-Folie voyait le jour, la municipalité travaillait déjà sur un projet structurant : la création d'un pôle d'animation numérique.

Actuellement en construction, ce bâtiment devrait être achevé fin 2026. Entre janvier et juin 2027, l'EPN et la Micro-Folie y déménageront avant une ouverture officielle au public prévue en septembre 2027.

L'objectif est clair : rassembler dans un même lieu les différentes structures culturelles et numériques de la ville. « Nous allons réunir toutes les structures culturelles innovantes et technologiques dans un même bâtiment, dans un esprit de tiers-lieu », souligne Xavier Le Guévellou.

Cette proximité doit permettre de créer de véritables passerelles entre les activités. D'un côté, l'EPN conserve sa vocation pédagogique autour des usages du numérique et de l'autre, la Micro-Folie apporte sa dimension artistique et culturelle. « Nous voulons créer un dialogue entre la technologie, la pédagogie et la découverte culturelle », résume-t-il.

Le FabLab, déjà intégré à l'EPN, prendra également toute sa place dans cette nouvelle organisation. Son rapprochement avec la Micro-Folie doit renforcer la cohérence des actions menées autour de la création numérique et des pratiques artistiques.

 

Une programmation qui dépasse largement le musée numérique

Si le musée numérique constitue le cœur du dispositif Micro-Folie, il ne représente qu'une partie des activités proposées à Pont-L'Évêque. La structure développe tout au long de l'année une programmation diversifiée destinée à faire découvrir l'art sous différentes formes.

Parmi les rendez-vous les plus originaux figurent les Micro-Découvertes. Chaque séance s'articule autour d'un thème précis avant de se prolonger par un atelier pratique. Les participants peuvent ainsi explorer l'impressionnisme, découvrir l'art de l'éventail, s'initier à la broderie ou encore travailler autour du textile.

À cela s'ajoutent les Micro-Ludo, davantage orientés vers les outils numériques et les techniques de fabrication. Les participants apprennent, par exemple, à utiliser une brodeuse numérique, à dessiner sur tablette ou à prendre en main différents logiciels. « Là, on développe une technique plus qu'une découverte thématique », précise Xavier Le Guévellou.

La Micro-Folie construit également ses ateliers en lien avec la programmation des Dominicaines. Les activités viennent compléter les expositions temporaires afin de créer une continuité entre les différentes propositions culturelles. « Nous ne voulons pas que la Micro-Folie travaille seule dans son coin. Elle doit dialoguer avec les autres structures culturelles ou pédagogiques qui l'entourent. »

 

Aller vers les publics éloignés

Si la Micro-Folie accueille principalement son public dans ses locaux, elle développe aussi plusieurs actions hors les murs.

Les équipes interviennent ponctuellement dans les Ehpad ou les Instituts Médico-Educatifs (IME) accueillant des enfants et adolescents en situation de handicap, mais aussi auprès de mineurs isolés. Ces actions hors les murs répondent à une volonté d'aller vers des publics qui n'ont pas toujours la possibilité de se déplacer.

« Pour certaines structures, il est beaucoup plus simple que nous allions à leur rencontre plutôt que d'organiser un déplacement jusqu'à la Micro-Folie », explique le responsable.

Ces interventions restent limitées, la vocation première de la Micro-Folie étant de demeurer un équipement fixe, mais elles permettent d'adapter l'offre culturelle aux besoins du territoire.

 

Faire comprendre ce qu'est une Micro-Folie

Depuis son ouverture, la principale difficulté rencontrée par l'équipe n'est pas liée au contenu des activités mais à la compréhension même du dispositif. « Les personnes découvrent la Micro-Folie sans trop savoir ce que c'est. Ce nom reste assez nébuleux pour beaucoup. »

Une fois la porte franchie, les retours changent radicalement. Les visiteurs découvrent alors la richesse de la programmation et l'accompagnement proposé par les médiateurs.

« Toute la valeur ajoutée d'une Micro-Folie, c'est le personnel que l'on forme et que l'on met à disposition. Mettre simplement des tablettes et des écrans à disposition du public ne suffit pas. Ce qui fait revenir le public, ce sont les animations, la programmation et l'accompagnement pédagogique. » Pour Xavier Le Guévellou, la médiation est indispensable. Les visiteurs ont besoin d'être guidés pour s'approprier un dispositif encore méconnu.

Selon lui, le musée numérique constitue « la colonne vertébrale » de la Micro-Folie, mais ne reflète pas à lui seul toute la diversité des activités proposées.

 

Un festival pour faire découvrir le dispositif

Chaque année, la Micro-Folie de Pont L’Évêque participe également au Micro-Festival, un temps fort organisé à l'échelle nationale. Programmé en février, cet événement vise à faire découvrir le dispositif à un public qui ne fréquente pas habituellement la structure. « C'est un peu les Journées européennes du patrimoine des Micro-Folies », compare Xavier Le Guévellou.

Pendant quelques jours, animations, découvertes et ateliers permettent de mettre en lumière l'ensemble des possibilités offertes par la Micro-Folie.

 

Une nouvelle étape en 2027

Les années à venir seront marquées par le déménagement vers le futur pôle d'animation numérique et par le développement du FabLab.

Un Fab manager rejoindra les équipes dès septembre afin d'accompagner cette montée en puissance. Il interviendra à la fois pour la Micro-Folie et pour l'EPN.

Pour Xavier Le Guévellou, cette évolution s'inscrit dans la continuité d'un dispositif appelé à évoluer avec les usages et les attentes du public.

« La Micro-Folie est un dispositif qui évolue avec son temps et suit les évolutions de la société. Nous souhaitons que cela perdure. Nous espérons que les décideurs sauront faire évoluer ce dispositif pour qu'il continue à vivre. C'est un peu à tout le monde d'écrire l'histoire à venir des Micro-Folies », conclut-il.

 

Retrouvez la Micro-Folie de Pont-L’Évêque :

https://www.microfolie-pontleveque.fr/

https://www.instagram.com/microfolie_pontleveque/

https://www.facebook.com/microfolie.pontleveque/?locale=fr_FR