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Zoom sur l’étude PIX 2026

Les compétences numériques des élèves français de Troisième et de Terminale : un bilan révélateur

En 2026, une étude ambitieuse menée par l’Observatoire Pix, en partenariat avec le Ministère de l’Éducation nationale, offre une cartographie précise du niveau de maîtrise des compétences numériques chez les élèves de Troisième et de Terminale en France. Basée sur les résultats de la Certification Pix, cette analyse dévoile des disparités notables liées à l’origine sociale, au genre, à la voie d’études et au contexte géographique, soulignant à la fois les progrès accomplis et les défis à relever.

 

Une certification d’envergure et une méthodologie rigoureuse

Plus de 1,4 million d’élèves ont passé la Certification Pix durant l’année scolaire 2024-2025. Conçue comme un test surveillé de 32 questions, elle évalue 16 compétences clés en lien avec le Cadre de Référence des Compétences Numériques (CRCN). Les scores, mesurés en pix (le maximum étant 895), permettent une évaluation fine du niveau de chaque élève, positionné dans des groupes allant de « Novice » à « Avancé ». Contrairement à une simple enquête déclarative, cette approche offre une mesure objective du réel niveau de compétences, enrichie par des données sociodémographiques et institutionnelles.

Les résultats : un niveau global en progression mais des écarts persistants

Les résultats montrent qu’à la fin du collège, environ 79% des élèves de Troisième atteignent ou dépassent le niveau attendu (Indépendant 1, à partir de 256 pix). Ce chiffre indique une acquisition solide des compétences numériques de base, nécessaires à leur parcours futur. Cependant, un tiers d’entre eux restent éloignés de cet objectif : 21% sont, en effet, classés en dessous de 192 pix, montrant des lacunes importantes dans leur autonomie numérique.

En Terminale, 24 % des élèves atteignent ou dépassent le niveau attendu en fin de cycle (Indépendant 2, 384 pix). Et 76% ne maîtrisent pas suffisamment ces compétences, notamment pour des usages essentiels comme la cybersécurité ou la recherche d’informations dont 38% sont en dessous du niveau attendu en Troisième. La situation est encore plus préoccupante en Terminale technologique où 14% atteignent le niveau Indépendant 2, et dans la voie professionnelle, 5%.

Les facteurs influençant la maîtrise des compétences numériques

L’étude révèle que l’origine sociale joue un rôle majeur. Les élèves issus d’établissements aux indices de position sociale (IPS) élevés obtiennent en moyenne 75 pix de plus que ceux dans les établissements moins favorisés. La corrélation est forte : un établissement au IPS élevé confère une meilleure maîtrise des compétences numériques, une disparité qui s’accentue à l’approche du lycée.

Le genre constitue aussi un facteur différenciant, particulièrement en Terminale. Alors que garçons et filles obtiennent des résultats équivalents en Troisième, un écart se creuse en fin de cycle : les garçons affichent une moyenne supérieure de 13 à 21 pix, avec notamment 41% dépassant le niveau attendu en Terminale générale contre 29% pour les filles.

Les voies d’études choisies jouent également un rôle majeur. La voie générale et technologique ont un pourcentage plus élevé d’élèves atteignant le palier supérieur, en comparaison avec la voie professionnelle, où les compétences numériques restent plus faibles globalement. La situation géographique et la composition sociale des établissements accentuent ces contrastes.

Des inégalités sociétales et des enjeux éducatifs

Ces écarts pointent les inégalités sociales et éducatives existantes. Si le cap est en partie franchi au collège, où la majorité des élèves acquièrent un socle de compétences, la transition vers le lycée révèle encore de profondes fractures. La maîtrise insuffisante des compétences numériques limite la poursuite d’études et l’insertion professionnelle des jeunes, surtout dans un contexte marqué par la numérisation croissante des métiers.

L’étude insiste aussi sur la nécessité de renforcer la formation des enseignants et d’intégrer davantage ces compétences dans les pratiques pédagogiques. Le développement du numérique éducatif doit aller de pair avec des actions ciblées pour réduire ces écarts, notamment par une meilleure homogénéisation des pratiques éducatives et une sensibilisation aux stéréotypes de genre.

Perspectives et actions pour l’avenir

L’observatoire souligne que ces résultats, véritables marges de progrès, doivent servir de levier pour orienter les politiques publiques. La stratégie numérique pour l’éducation 2023-2027, articulée autour d’une éducation raisonnée aux technologies, notamment à l’intelligence artificielle, vise à donner à chaque élève les moyens de comprendre, d’agir et de prendre sa place dans une société transformée par le numérique.

En conclusion, si une majorité d’élèves français parvient à acquérir les bases nécessaires, la persistance des écarts socio-économiques, de genre et d’orientation indique qu’il reste encore du travail pour garantir une égalité réelle dans la maîtrise des compétences numériques, essentielles à la citoyenneté et à la réussite professionnelle au XXIe siècle.

Pour consulter l’étude : Observatoire - les compétences numériques des élèves | Pix